Sylvie partira 2 ans et 9 mois plus tard que promis à son premier contrat

En septembre 1982 : départ à 60 ans, 150 trimestres. Aujourd’hui : 62 ans et 9 mois, 170 trimestres, après 8 réformes des retraites.

Âge de départ62 ans et 9 mois+33 moispromis à 60 ans
Durée requise170 trim.+20 trim.soit 5 ans de cotisation de plus
Années du salaire moyen23 ans+13 ansplus d’années retenues, donc les moins bonnes entrent aussi
Pension au plus tôt2 105 €−13 €/moiscontre 2 118 € sous la loi de vos débuts

La même carrière sous 10 états du droit : de 1 956 € à 2 143 € de pension au plus tôt

Salaires, revalorisations et valeur du point inchangés d’une ligne à l’autre

Le droit du…Ce qui changeÂge légalTaux plein auto.DuréeAnnées du salaire moyenDépart possiblePension
septembre 1982À votre premier contrat60 ans65 ans15010janvier 2024 · 60 ans2 118 €
avril 1983La retraite à 60 ans · Ordonnance n° 82-270 du 26 mars 198260 ans65 ans15010janvier 2024 · 60 ans2 118 €
janvier 1994Réforme Balladur · Loi n° 93-936 du 22 juillet 199360 ans65 ans16025janvier 2024 · 60 ans1 956 €
janvier 2004Réforme Fillon · Loi n° 2003-775 du 21 août 200360 ans65 ans16025janvier 2024 · 60 ans1 956 €
juillet 2011Réforme Woerth : 60 ans deviennent 62 · Loi n° 2010-1330 du 9 novembre 201062 ans67 ans16425janvier 2026 · 62 ans2 072 €
janvier 2014Réforme Touraine · Loi n° 2014-40 du 20 janvier 201462 ans67 ans16625janvier 2026 · 62 ans2 072 €
septembre 2023Réforme Borne : 62 ans deviennent 64 · Loi n° 2023-270 du 14 avril 202363 ans67 ans17123janvier 2027 · 63 ans2 143 €
septembre 2026La réforme de 2023 est suspendue · Article 105 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, décrets n° 2026-344 et 2026-345 du 7 mai 202662 ans et 9 mois67 ans17023octobre 2026 · 62 ans et 9 mois2 105 €
septembre 2026Les parents perdent leurs plus mauvaises années · Décrets n° 2026-699 et n° 2026-700 du 29 juillet 202662 ans et 9 mois67 ans17023octobre 2026 · 62 ans et 9 mois2 105 €
décembre 2026Le droit d’aujourd’hui62 ans et 9 mois67 ans17023octobre 2026 · 62 ans et 9 mois2 105 €
Source : simulateur polidata, Légifrance, barèmes IPPpolidata.fr

Réforme Woerth : 60 ans deviennent 62 — 2 ans de plus avant de partir, le plus lourd recul

  • La retraite à 60 ans — sans effet sur votre génération.Le taux plein est ouvert à 60 ans à qui justifie de 150 trimestres. C’est aussi la naissance de la décote — 2,5 % par trimestre manquant — et du minimum contributif.
  • Réforme Balladur — +10 trimestres à réunir, +15 années dans le salaire moyen, −163 € de pension mensuelle.Trois mesures qui agissent ensemble : la durée requise passe de 150 à 160 trimestres, le salaire de référence est calculé sur les 25 meilleures années et non plus sur les 10, et les pensions sont indexées sur les prix. Créé la même année, le Fonds de solidarité vieillesse prend en charge la validation des périodes de chômage.
  • Réforme Fillon — sans effet sur votre génération.La durée requise est allongée génération après génération, la décote est ramenée progressivement de 2,5 % à 1,25 % par trimestre, et la surcote est créée : travailler au-delà de la durée requise rapporte enfin quelque chose.
  • Réforme Woerth : 60 ans deviennent 62 — +24 mois avant de pouvoir partir, +4 trimestres à réunir, +117 € de pension mensuelle.L’âge d’ouverture des droits passe de 60 à 62 ans, quatre mois par génération à partir de celle née après le 1ᵉʳ juillet 1951. L’âge du taux plein automatique suit, de 65 à 67 ans.
  • Réforme Touraine — +2 trimestres à réunir.Un trimestre de plus toutes les trois générations, à partir de celle de 1958, jusqu’à 172 trimestres — quarante-trois ans — pour la génération 1973. Le trimestre se valide désormais avec 150 heures de SMIC au lieu de 200, ce qui aide les temps partiels.
  • Réforme Borne : 62 ans deviennent 64 — +12 mois avant de pouvoir partir, +5 trimestres à réunir, −2 années dans le salaire moyen, +71 € de pension mensuelle.L’âge légal monte de trois mois par génération à partir de celle née après le 1ᵉʳ septembre 1961, et l’allongement de la durée requise est accéléré : 172 trimestres dès la génération 1965 au lieu de 1973. Le minimum contributif est relevé de 100 € par mois.
  • La réforme de 2023 est suspendue — −3 mois avant de pouvoir partir, −1 trimestres à réunir, −38 € de pension mensuelle.Ce n’est pas une abrogation mais un report, annoncé jusqu’en janvier 2028. Chaque génération de 1964 à 1968 regagne un trimestre d’âge légal ; la durée requise redescend de 171 à 170 trimestres pour la génération 1964 ; les 64 ans ne sont atteints qu’à la génération 1969, au lieu de 1968. Les générations nées avant 1963 et à partir de 1969 ne changent pas.
  • Les parents perdent leurs plus mauvaises années — sans effet sur votre génération.Le salaire annuel moyen d’un parent bénéficiaire d’une majoration de durée se calcule sur 24 années au lieu de 25 pour un enfant, sur 23 pour deux et plus. On retire ainsi les années les moins bien payées, ce qui relève la pension.
  • Le droit d’aujourd’hui — sans effet sur votre génération.Celui qui décidera, sauf réforme nouvelle.

6 réformes de l’assurance chômage pendant la même carrière

28 576 € d’allocations perçues sur toute la carrière, en euros d’aujourd’hui.

  • août 1992 — L’allocation chômage devient dégressiveL’allocation unique dégressive remplace l’allocation de base : le montant décroît par paliers tous les quatre mois. Elle sera supprimée en 2001.
  • juillet 2001 — L’ARE remplace l’allocation dégressiveFin de la dégressivité. L’aide au retour à l’emploi est versée à taux constant, en contrepartie d’un engagement de recherche d’emploi.
  • octobre 2018 — La cotisation chômage salariale disparaîtElle valait 2,40 % du salaire ; elle tombe à 0,95 % en janvier, puis à zéro en octobre. En contrepartie, la CSG augmente de 1,7 point. Depuis, un salarié ne cotise plus pour son assurance chômage : il la finance par l’impôt.
  • novembre 2019 — L’État fixe seul les règles du chômageFaute d’accord entre partenaires sociaux, le gouvernement légifère par décret pour la première fois. La condition d’affiliation se durcit et la dégressivité revient pour les hauts salaires.
  • octobre 2021 — Le salaire de référence change de dénominateurLes jours non travaillés entre deux contrats entrent désormais au dénominateur du salaire journalier de référence. Pour une carrière continue, rien ne change ; pour une carrière hachée, l’allocation baisse fortement.
  • février 2023 — La durée d’indemnisation devient contracycliqueLa durée acquise est multipliée par 0,75 tant que le chômage reste bas. Les vingt-cinq pour cent retranchés reviennent sous forme de complément si le chômage remonte de 0,8 point en un trimestre ou dépasse 9 %.

Méthode et sources

Chaque ligne du tableau rejoue la même carrière — mêmes salaires, mêmes interruptions — avec les paramètres en vigueur à cette date : âge légal, âge du taux plein automatique, durée requise, nombre d’années du salaire annuel moyen. Les salaires, les coefficients de revalorisation et la valeur du point ne changent pas d’une ligne à l’autre ; tout écart vient donc de la loi. « Départ possible » est le premier mois sans décote, et la pension celle de ce départ.

La pension ne baisse pas toujours quand la règle se durcit : partir plus tard ajoute des trimestres cotisés et du salaire au compte. Ce qu’une réforme retire porte surtout sur le nombre d’années de pension, que mesure la vue « Le rendement ».

Aucun de ces textes ne garantissait un âge à vie : un régime par répartition paie les pensions d’aujourd’hui avec les cotisations d’aujourd’hui et suit la démographie. Les réformes de l’assurance chômage s’appliquent, elles, immédiatement, sans montée en charge par génération.