L’assurance chômage : cotisé contre indemnisé
66 970 € versés sur toute la carrière, 28 576 € perçus sur 19 mois sans emploi. Tout est exprimé en euros de 2025.
Versé
66 970 €
- Part salariale
- 19 672 €
- Part patronale
- 47 299 €
Perçu
28 576 €
- Mois indemnisés
- 19
- Périodes de chômage
- 2
Vous avez perçu 43 % de ce que votre travail a versé pour l’assurance chômage.
Pourquoi ce rapport n’est pas un scandale
Une assurance chômage n’est pas un compte d’épargne : elle mutualise un risque. La très grande majorité des carrières y versent quarante ans et n’en retirent rien ou presque, exactement comme la très grande majorité des assurés en habitation ne déclarent jamais d’incendie. Un rapport bas ne dit donc pas que le système est mauvais : il dit que vous avez peu chômé.
Il faut aussi savoir ce que la cotisation achète en plus de l’allocation : la validation de vos trimestres de retraite pendant le chômage — financée par le Fonds de solidarité vieillesse depuis 1994 —, les points de retraite complémentaire acquis sans rien verser, l’accompagnement, la formation, et la garantie des salaires si l’employeur est liquidé.
Et depuis le 1ᵉʳ octobre 2018, le salarié ne cotise plus du tout : la cotisation salariale de 2,40 % a été supprimée et remplacée par 1,7 point de CSG. Ce que vous payez pour votre assurance chômage depuis cette date figure donc dans la ligne « CSG », pas dans celle-ci.
Vos périodes indemnisées, une par une
L’allocation se calcule sur un salaire journalier de référence, tiré des salaires qui précèdent la fin du contrat. Deux formules concourent — 40,4 % du salaire journalier plus une partie fixe, ou 57 % du salaire journalier — et c’est la plus favorable qui l’emporte, encadrée par un plancher et par un plafond de 75 %. Le taux de remplacement est donc dégressif : environ trois quarts au niveau du SMIC, 57 % au-delà de 2 400 € bruts par mois.
| Période | Salaire journalier de référence | Allocation journalière | Taux de remplacement | Droit ouvert | Mois indemnisés | Total perçu |
|---|---|---|---|---|---|---|
| janvier 1990 → juillet 1990 · Licenciement économique | 33,97 € /jour | 21,27 € /jour | 62,6 % | 912 j ≈ · Filière 4 | 7 / 7 | 4 510 € |
| avril 2009 → mars 2010 · Plan de sauvegarde de l’emploi | 75,68 € /jour | 43,44 € /jour | 57,4 % | 730 j | 12 / 12 | 15 857 € |
Jusqu’à la convention d’avril 2009, la durée ne se déduisait pas de l’affiliation : elle se lisait dans un tableau croisant l’âge et la durée d’affiliation. Un salarié de quarante-neuf ans licencié en 1995 après deux ans de travail avait droit à trente mois ; le même à cinquante ans, à quarante-cinq. Un an d’âge, quinze mois d’allocation. Et de 1992 à 2000, l’allocation décroissait — de 15 à 17 % par tranche de quatre mois, puis de six mois après 1997 : un allocataire indemnisé quatre ans finissait à moins du tiers de son allocation de départ. C’est l’une des causes des trous de cotisation retraite des générations 1950-1960.