Partir avant l’âge légal

Votre âge légal est 62 ans et 9 mois, atteint en octobre 2026. Aucun départ anticipé n’est ouvert en l’état de votre parcours : le détail ci-dessous dit ce qui manque, condition par condition.

La retraite anticipée pour carrière longue

Deux conditions, et deux seulement : avoir commencé tôt, et avoir cotisé longtemps. La condition de durée d’assurance TOTALE a disparu avec le décret du 24 octobre 2012, et le « plus huit trimestres » du dispositif Fillon avec elle — on continue pourtant de le lire partout.

Condition n° 1 — le début d’activité

Il ne s’agit pas d’avoir travaillé avant seize ans, mais d’avoir validé cinq trimestres avant la fin de l’année civile de son anniversaire — quatre seulement pour les personnes nées en octobre, novembre ou décembre, qui ne pouvaient matériellement pas en valider cinq. Vous êtes née en janvier 1964 : il vous en faut 5.

Les quatre bornes de début d’activité, et l’âge de départ qu’elles ouvrent
Début d’activitéTrimestres validés à finExigésÂge de départCondition
avant 16 ans0 à fin 1980558 ans✕ il manque 5 trimestres
avant 18 ans0 à fin 1982560 ans✕ il manque 5 trimestres
avant 20 ans0 à fin 1984560 ans et 6 mois✕ il manque 5 trimestres
avant 21 ans4 à fin 1985563 ans✕ il manque 1 trimestre

Condition n° 2 — la durée cotisée

Elle est strictement égale à la durée du taux plein de votre génération, soit 170 trimestres (42 ans et 2 trimestres). Elle ne compte que les trimestres COTISÉS — mais la loi en assimile un contingent limité, et c’est très souvent ce contingent qui fait basculer un dossier.

Trimestres strictement cotisés164
Chômage indemnisé et activité partielle1plafond de 4 sur la carrière
Majoration pour enfants nouveau depuis le 1ᵉʳ septembre 2026216 acquis, plafonnés à 2 sur la carrière
Durée cotisée retenue167sur 170 exigés

✕ Droit non ouvert — la condition de début d’activité n’est atteinte pour aucune des quatre bornes, et il manque en outre 3 trimestres de durée cotisée. Le droit reste acquis dès qu’il s’ouvre : il ne se referme jamais.

Les trois autres portes

Elles ne se déduisent d’aucune carrière : elles supposent une reconnaissance administrative — un taux d’incapacité notifié, un avis du médecin-conseil, une décision de maison départementale. Le simulateur ne peut pas les deviner ; il les prend en compte si vous les déclarez, et affiche alors un droit sous condition.

Racheter des trimestres : combien, et pour quel gain ?

Jusqu’à douze trimestres d’études supérieures ou d’années incomplètes, à un prix fixé par barème selon l’âge, le salaire moyen et l’option choisie. Le versement est déductible du revenu imposable, ce qui en abaisse le coût réel — mais moins qu’on ne le croit : la déduction réduit aussi l’abattement de 10 %, si bien que l’économie ne vaut que 90 % du taux marginal.

Un rachat ne rapporte que s’il efface une décote ou relève un coefficient de proratisation. Or vous partez sans décote et avec une carrière complète : à la date que vous avez prévue, il ne vous rapporterait rien. La vraie question est donc « le rachat me permettrait-il de partir plus tôt sans perdre ? » — et c’est pourquoi le simulateur rejoue votre carrière avec un départ dès l’âge légal, octobre 2026.

Votre carrière est complète et votre départ ne subit aucune décote, y compris si vous partiez dès l’âge légal : aucun rachat ne peut rien vous rapporter, à aucune date et pour aucune option. Les chiffres ci-dessous ne sont donc là que pour montrer ce que vous auriez dépensé.

Prix d’un trimestre à 62 ans5 013 €tranche basse — sous 75 % du plafond — salaire annuel moyen de 34 588 €
Coût total20 052 €
Coût net de la déduction fiscale17 457 €taux marginal supposé de 14 %, économie de 90 % de ce taux
Gain de pension0 € / mois0 € par an, avant prélèvements
Point mortjamais rentabiliséce rachat n’augmente pas votre pension
Il ne fait jamais partir plus tôt

Depuis le 13 octobre 2008, les trimestres rachetés ne comptent ni pour la carrière longue ni pour la retraite anticipée des travailleurs handicapés. Racheter n’avance donc jamais la date à laquelle on peut partir : cela ne joue que sur le montant.

Sans décote, l’option « taux seul » ne sert à rien

Si la durée requise est déjà réunie, ou si le départ a lieu à l’âge d’annulation de la décote, le taux est déjà de 50 % : l’option « taux seul » n’ajoute rien du tout. Seule l’option « taux et durée » peut encore relever le coefficient de proratisation.

Avec une carrière complète, l’option « taux et durée » n’ajoute rien non plus

Le coefficient de proratisation est plafonné à 1. Une fois la durée du régime atteinte, les trimestres supplémentaires ne rapportent plus, sauf à ouvrir une surcote — ce que les trimestres rachetés en option « taux et durée » peuvent faire, mais pas les autres.

Au minimum contributif, le rachat est presque toujours perdu

Une pension portée au minimum contributif ne dépend plus du salaire annuel moyen : relever le coefficient de proratisation d’un trimestre n’augmente alors la pension que d’une fraction du minimum, très inférieure au gain attendu.

Après 62 ans, le prix baisse — et le point mort s’améliore

Le prix du trimestre monte avec l’âge jusqu’à 62 ans, puis décroît de 2,5 % par année. Contrairement à ce qu’on lit, le point mort actualisé, lui, s’améliore continûment avec l’âge d’achat : on paie moins, et on encaisse plus tôt.

Le gain est calculé en rejouant la seule formule de la pension de base. L’effet d’un rachat sur la retraite complémentaire — par le coefficient d’anticipation AGIRC-ARRCO — n’est pas modélisé, non plus que la régularisation de cotisations arriérées, dont le calcul dépend de pièces que seule la caisse détient.