Méthode, sources et limites

Tout ce que ce simulateur affiche est calculé à partir de barèmes publics, texte par texte. Rien n’est estimé sans le dire. Ce qu’il ne sait pas faire est listé plus bas, et cette liste est aussi importante que le résultat.

Comment le calcul procède

  1. Le parcours est étalé sur un axe mensuel. C’est la maille du droit : les cotisations se calculent chaque mois sur le plafond mensuel de la Sécurité sociale, et un taux qui change au 1ᵉʳ octobre ne s’applique pas aux neuf mois écoulés.
  2. Chaque mois travaillé est décomposé. 45 cotisations sont testées, chacune avec ses tranches d’assiette et son taux à la date exacte. Les allègements de cotisations patronales — réduction générale, taux réduits maladie et famille — sont calculés ensuite sur l’année entière, comme le fait l’URSSAF.
  3. Chaque mois de chômage indemnisé donne une allocation, calculée sur le salaire journalier de référence des mois précédents, avec les deux formules concurrentes, le plancher, le plafond de 75 % et la durée maximale du droit.
  4. Les mois se regroupent par année civile : c’est là que se comptent les trimestres — un seuil de salaire, jamais une durée —, le salaire porté au compte et les points de retraite complémentaire.
  5. À la date de départ, la pension est liquidée : salaire annuel moyen des meilleures années plafonnées puis revalorisées, taux, coefficient de proratisation, écrêtement, minimum contributif, surcote, majoration pour enfants. Puis les points sont convertis en pension complémentaire.
  6. La pension est déroulée jusqu’à l’espérance de vie, revalorisée chaque année, et tout est ramené aux euros d’une même année pour être comparé.

Les hypothèses, et comment les changer

Tout ce qui n’est pas dans la loi et qu’il faut pourtant poser pour boucler le calcul. Modifiez-les : le simulateur se recalcule aussitôt, et vous verrez de combien le résultat en dépend.

Les régimes que le simulateur sait combiner

Une carrière sur cinq traverse plusieurs régimes, et c’est le cas que les simulateurs ratent le plus. La règle tient en deux lignes, et elle n’est pas celle qu’on croit : le taux se juge sur la durée d’assurance tous régimes confondus — avec 170 trimestres au total, on est à taux plein partout ; mais chaque régime ne verse qu’une fraction de pension, celle du temps qu’on y a passé. Les fractions s’additionnent : on ne perd rien, on reçoit deux mandats au lieu d’un.

Salarié du privé

Régime de base
Régime général (CNAV)
Complémentaire
AGIRC-ARRCO

Le régime général et la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO. Trois salariés sur quatre.

Fonctionnaire titulaire

Régime de base
Pension civile (SRE ou CNRACL)
Complémentaire
RAFP

Pension civile calculée sur le traitement indiciaire des six derniers mois — les primes n’y entrent pas — et retraite additionnelle sur les primes depuis 2005.

Indépendant (artisan, commerçant)

Régime de base
Régime général (aligné depuis 1973)
Complémentaire
RCI

La retraite de base obéit aux mêmes règles que celle d’un salarié — vingt-cinq meilleures années, taux de 50 %, proratisation. Ce qui change : l’assiette est le revenu professionnel, il n’y a pas de part patronale — l’indépendant paie les deux —, et la complémentaire est le RCI.

Agent contractuel du public

Régime de base
Régime général (CNAV)
Complémentaire
IRCANTEC

Un contractuel relève du régime général comme un salarié du privé, mais sa complémentaire est l’IRCANTEC et non l’AGIRC-ARRCO.

D’où viennent les chiffres

Le droit social, de 1930 à aujourd’hui

Plafond de la Sécurité sociale, SMIC et SMIG, taux de chaque cotisation par tranche, âge légal et durée d’assurance par génération, coefficients de décote et de surcote, coefficients de revalorisation des salaires portés au compte, minimum contributif, valeur et prix d’achat du point AGIRC-ARRCO, barèmes de l’allocation chômage.

Barèmes IPP — Institut des politiques publiques · version 9d0525a2 · extrait le 2026-09-04 · Licence ouverte / Open Licence (Etalab)

Les barèmes IPP recensent chaque paramètre du système socio-fiscal français avec le décret ou la loi qui l’a fixé. Ils sont produits par l’Institut des politiques publiques, sous licence ouverte, et servent de référence à l’administration comme à la recherche. Le simulateur en extrait 45 cotisations et 85 valeurs successives du plafond, de 1930 à 2026.

L’indice des prix

Pour additionner des euros de 1985 et des euros de 2040, il faut les ramener à une même année. C’est la série que l’INSEE emploie pour son propre convertisseur franc-euro, chaînée de 1901 à aujourd’hui.

INSEE — convertisseur franc-euro, indice général des prix à la consommation chaîné · 1901-2025

Série publiée en base 2025 = 100, rebasée ici en 2015 = 100. C’est celle qui répond « 100 francs de 1960 = 15,20 € de 2025 » sur le site de l’INSEE.

Les règles qui ne sont pas des barèmes

Formule de la pension, ordre des opérations, validation des trimestres, majoration de durée pour enfants, calcul de l’allocation chômage, chronologie des réformes : Legifrance, la circulaire Cnav 2018/04, le règlement général de l’Unédic annexé à la convention du 15 novembre 2024, et les rapports du Conseil d’orientation des retraites.

Dernier changement pris en compte : Les parents perdent leurs plus mauvaises années — Décrets n° 2026-699 et n° 2026-700 du 29 juillet 2026.

Ce que ce simulateur ne sait pas faire

Quatre affiliations sur une dizaine
Le simulateur traite le salarié du privé, le fonctionnaire titulaire, l’agent contractuel du public et l’indépendant — artisan, commerçant, industriel —, et il sait les combiner dans une même carrière. Il ne connaît pas les professions libérales et leurs dix sections, les avocats, les exploitants agricoles, ni les régimes spéciaux : SNCF, RATP, Banque de France, industries électriques et gazières, Opéra, Comédie-Française. Une carrière qui en relève sera sous-estimée — ses trimestres ne seront pas comptés, et sa pension non plus.
La liquidation unique des régimes alignés est supposée acquise
Depuis le 1ᵉʳ juillet 2017, les régimes dits « alignés » — général, salariés agricoles, indépendants — ne versent plus qu’une seule pension, calculée sur l’ensemble des années. Le simulateur applique cette règle, ce qui est exact pour toute personne née à compter de 1953. Pour les générations antérieures, chaque régime aligné liquidait séparément, avec une proratisation du nombre d’années retenues que le simulateur ne modélise pas.
La pénibilité ne se déduit pas d’une carrière
Le départ pour carrière longue est désormais calculé, condition par condition, et les départs pour inaptitude, incapacité permanente et handicap sont pris en compte dès qu’ils sont déclarés. En revanche le compte professionnel de prévention reste hors champ : les points s’y acquièrent par exposition mesurée à six facteurs de risques — travail de nuit, bruit, températures, milieu hyperbare, équipes alternantes, gestes répétitifs —, déclarée chaque année par l’employeur. Rien, dans un parcours saisi en mois et en salaires, ne permet de les reconstituer. Dix points valent un trimestre, et huit trimestres au plus peuvent abaisser l’âge légal.
Le rachat de trimestres est simulé, pas instruit
Le barème 2026 du versement pour la retraite est appliqué à l’euro près, avec la déduction fiscale et le point mort actualisé. Restent hors champ : la régularisation de cotisations arriérées, dont le calcul dépend de pièces que seule la caisse détient ; les tarifs dérogatoires des apprentis et des assistants maternels, connus à 16 % près ; et l’effet du rachat sur le coefficient d’anticipation de la retraite complémentaire.
Le versement mobilité n’est connu que pour dix agglomérations
Il finance les transports en commun, n’est dû qu’à partir de onze salariés, et son taux est fixé commune par commune — la table de l’URSSAF ne couvre elle-même que 20 555 communes sur environ 34 900, les autres n’en devant aucun. Le simulateur connaît l’historique complet de Paris et la petite couronne, l’Essonne, le Val-d’Oise, Lyon, Marseille, Toulouse et Bourg-en-Bresse. Ailleurs, renseignez le taux à la main. Les versements additionnel et régional apparus en 2025 et 2026 ne sont pas ajoutés.
Le taux d’accident du travail est celui de 2026
Choisir un métier applique son taux net collectif 2026, publié à l’annexe I de l’arrêté du 30 décembre 2025 : de 0,64 % pour des fonctions administratives à 8,73 % pour la couverture. Ces taux ne sont pas publiés en série longue par code risque : le simulateur les applique donc à toute la carrière, ce qui est faux en niveau mais juste en rapport entre métiers. Une entreprise de plus de 150 salariés a en outre un taux individuel, fonction de sa propre sinistralité.
La fonction publique est calculée sur un brut, pas sur un indice
Le traitement de référence des six derniers mois est reconstitué à partir du brut que vous saisissez, et non de votre indice majoré et de votre grille — que le simulateur ne connaît pas. Le temps partiel, lui, est traité comme le fait le droit : il réduit la durée LIQUIDABLE, jamais l’assiette ni la durée d’assurance. Les tables du code des pensions civiles sont par ailleurs vides chez l’IPP : la bonification pour enfants nés avant 2004 est appliquée à son quantum de texte, quatre trimestres par enfant, sans vérifier la condition d’interruption d’activité.
La pension d’invalidité n’existe pas dans la saisie
Aucun type de période « invalidité » n’est proposé : un invalide de deuxième catégorie doit saisir « arrêt maladie » ou « sans activité », et perd les trimestres assimilés auxquels il a droit. La substitution automatique en retraite pour inaptitude à 62 ans n’est pas non plus modélisée. Les portes de sortie liées à la santé sont codées ; la prestation qui y mène ne l’est pas encore.
L’argent versé après le départ n’est plus compté — et c’est voulu
Si votre parcours va au-delà de la date de départ que vous avez choisie, les mois suivants ne comptent ni en cotisations, ni en trimestres, ni en points : une pension prend effet le 1ᵉʳ du mois, et ce mois-là n’est plus un mois de travail. La page « Mon parcours » vous le dit quand cela se produit. En revanche, le simulateur ne modélise pas le cumul emploi-retraite : travailler après la liquidation ne rapporte rien ici, alors que cela ouvre depuis 2023 une seconde pension plafonnée.
L’assurance vieillesse des parents au foyer est supposée acquise
Un congé parental saisi comme tel valide des trimestres. Dans la réalité, l’affiliation à l’assurance vieillesse des parents au foyer dépend de conditions de ressources examinées par la caisse d’allocations familiales. Une carrière qui n’y aurait pas eu droit validerait moins.
Le chômage d’avant 1979 n’est pas établi
Les filières d’indemnisation sont désormais appliquées convention par convention, de 1979 à 2009, avec l’allocation unique dégressive et ses pertes de 15 à 17 % par tranche de quatre mois. Les conventions de 1992, 1993, 2001, 2004, 2006 et 2009 ont été lues sur leur texte publié ; le décret de 1982 et les conventions de 1984 à 1992 sont reconstitués à partir de sources concordantes, et signalés par un ≈. Avant avril 1979, le régime n’est pas établi et le simulateur retient une durée de droit commun.
Le cumul emploi-retraite et la retraite progressive restent hors champ
La pension nette de CSG et d’impôt est désormais calculée, et la réversion du conjoint estimée. En revanche le simulateur ne modélise ni le cumul emploi-retraite — qui ouvre depuis 2023 une seconde pension, plafonnée à 5 % du plafond annuel —, ni la retraite progressive, ni le partage de la réversion entre ex-conjoints, ni la réversion de la fonction publique.
L’impôt est calculé au barème d’aujourd’hui
Le barème 2026, l’abattement de 10 % et ses bornes, la décote et les seuils de CSG sont indexés sur l’hypothèse d’inflation pour les années à venir. C’est une convention, pas une prévision : le barème a été gelé quatre fois depuis 2011, et la structure même des tranches a changé en 2015. Le revenu fiscal de référence, enfin, est estimé à partir de la seule pension.
L’avenir n’est pas connu
Au-delà de la dernière valeur publiée, le plafond de la Sécurité sociale, la valeur du point et les pensions sont prolongés par les hypothèses affichées ci-dessous. Et le droit appliqué aux départs futurs est celui d’aujourd’hui : l’âge légal a changé quatre fois depuis 2010, et la réforme de 2023 a été suspendue moins de trois ans après son entrée en vigueur.

Ce simulateur n’a aucune valeur officielle. Pour connaître vos droits réels, consultez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr, qui agrège tous vos régimes, et le simulateur M@rel de l’Assurance retraite. Cette page sert à comprendre comment le calcul fonctionne et ce que le système rend — pas à liquider une pension.

Où vont vos données

Nulle part. Le calcul entier tourne dans votre navigateur : aucun salaire, aucune date, aucune période de chômage n’est envoyée à un serveur. Votre saisie est conservée dans la mémoire locale de votre navigateur pour que vous la retrouviez à la prochaine visite, et elle disparaît si vous effacez les données du site. Ce site ne propose aucun compte, et cette page ne porte aucune publicité — on ne peut pas dire que les données restent chez vous tout en chargeant un script publicitaire tiers.

Calcul en cours : 45 années traitées, 165 trimestres validés, 5 343 points de retraite complémentaire, 1 193 159 € de salaire brut cumulé en euros d’aujourd’hui, soit un taux de prélèvement social global de 59,6 % du brut.