International

L’Arménie déclare réexpédier vers la Russie 86 % de ce qu’elle importe, contre 18 % avant la guerre

La Russie a cessé de déclarer ses importations à la base de commerce des Nations unies en 2022. Elle en avait déclaré 293,5 milliards de dollars en 2021. Pour 2022, 2023 et 2024, la base ne contient aucune ligne russe. Ses partenaires, eux, continuent de déclarer ce qu’ils lui expédient : 198,9 milliards en 2022, 217,9 en 2023, 204,0 en 2024. Le commerce n’a pas disparu, seule la moitié russe du relevé a disparu.

Politique

Le Sénat a voté 909 fois en trois ans, et son scrutin le moins suivi a réuni plus de monde que la moitié de ceux de l’Assemblée

Le Sénat a procédé à 909 scrutins publics entre le 10 octobre 2023 et le 21 juillet 2026. La médiane des votants s’y établit à 341 sur 348 sièges. Le scrutin le moins suivi de la période en a réuni 241. La chambre basse fonctionne autrement. Depuis octobre 2024, le Palais-Bourbon a enregistré 8 434 votes de ce type, dont la moitié ont mobilisé moins de 134 députés sur 577. Son plancher descend à 23. Le vote le plus creux du Luxembourg rassemble donc près de deux fois plus de monde que le vote médian du Palais-Bourbon.

France

Sénatoriales : 178 sièges remis en jeu le 27 septembre, les candidatures s’ouvrent lundi

Les collèges électoraux sont convoqués le dimanche 27 septembre 2026 pour renouveler 178 des 348 sièges du Sénat. Le décret du 21 avril 2026 fixe la date et le périmètre du scrutin, et ouvre la réception des candidatures du lundi 7 septembre au vendredi 11 septembre à dix-huit heures. Le Sénat se renouvelle par moitié tous les trois ans, en deux séries. La série 2, remise en jeu cette année, compte 178 sièges ; la série 1, renouvelée en 2023, en compte 170. Les sénateurs sont élus pour six ans.

Politique

Treize motions de censure en une session, aucune adoptée : la plus suivie s’est arrêtée à dix-huit voix du seuil

Treize motions de censure ont été mises aux voix à l’Assemblée nationale pendant la session ordinaire 2025-2026. Aucune n’a été adoptée. La plus suivie, le 16 octobre 2025, a recueilli 271 voix ; il en fallait 289, soit la majorité des 577 sièges. Le décompte est celui des scrutins publics enregistrés depuis l’ouverture de la session, le 1er octobre 2025, jusqu’au dernier vote de la chambre, le 21 juillet 2026. Sur cette période, la chambre a tenu 5 380 scrutins publics, dont 1 639 ont été adoptés, soit 30,5 %.

Sport

Pass’Sport ramené de 70 à 50 euros, le jour du lancement du mois de l’activité physique

Le pass’Sport passe de 70 à 50 euros pour la saison 2026-2027. Le décret du 28 août, publié au Journal officiel le 29 et entré en vigueur le 30, ramène l’aide de vingt euros, soit un recul de 28,6 %. Le dispositif prend la forme d’un remboursement par l’État de la réduction que le club applique sur l’adhésion ou la licence. La campagne court du 1er septembre au 31 décembre 2026. Les codes d’activation sont envoyés à la mi-septembre, et l’aide complémentaire versée au premier trimestre 2027.

Culture

Rentrée littéraire : 461 romans arrivent dans un réseau de librairies passé par le tribunal de commerce

461 romans paraissent entre la mi-août et octobre. Le comptage, établi par Livres Hebdo et publié le 22 juin, situe la rentrée 2026 en léger recul par rapport à 2025, qui en comptait 484, et légèrement au-dessus de 2024, avec 459. La répartition compte davantage que le total. 344 ouvrages sont de langue française, autant que l’an dernier. 117 sont traduits d’une langue étrangère, contre 140 en 2025 et 148 en 2024. La baisse d’une année sur l’autre vient entièrement de la fiction traduite : 23 titres de moins, quand la production française ne bouge pas.

Sciences

Polluants éternels : 100 euros par 100 grammes rejetés, pour environ 200 sites

Depuis le 1er septembre, les industriels qui rejettent des substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées dans l’eau doivent acquitter une redevance. Le tarif est fixé par la loi à 100 euros par tranche de 100 grammes rejetés, indexé sur l’inflation. Le seuil de déclenchement est de 100 grammes par an. En dessous, aucune redevance n’est due. Le dispositif vise 28 substances : les 20 suivies au titre des directives européennes sur l’eau potable, et 8 supplémentaires.

Armée et conflits

Kiev : sixième nuit consécutive de frappes russes, au moins douze morts et 218 drones lancés

Les frappes russes sur Kiev et sa région ont fait au moins douze morts dans la nuit du 31 août au 1er septembre, selon les autorités ukrainiennes : huit dans la capitale, quatre dans l’oblast. Plus d’une douzaine de personnes ont été blessées, dont trois enfants. Six employés de la compagnie ferroviaire publique Ukrzaliznytsia ont été tués par un missile balistique tombé sur un dépôt. Le président Volodymyr Zelensky a indiqué qu’un ressortissant indien figurait parmi les victimes.

International

Népal : plus de 1 000 morts et 4 247 disparus après l’effondrement d’un glacier, selon les Nations unies

Le bilan de la catastrophe qui a frappé le Népal le 26 août dépasse le millier de morts. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a indiqué le 1er septembre que 4 247 personnes restaient portées disparues. En Chine, seize morts sont confirmés et 546 personnes manquent à l’appel. Au total, 4 793 personnes restent introuvables de part et d’autre de la frontière, une semaine après les faits.

Outre-mer

Carburants outre-mer : le gazole bondit de 13 à 17 centimes et franchit deux euros dans quatre DROM

Le gazole atteint ou dépasse deux euros le litre au 1er septembre en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et à Mayotte. La Réunion reste en dessous, à 1,68 euro. Dans les cinq départements, la hausse s’échelonne de 13 à 17 centimes en un mois, tandis que le sans-plomb recule d’un centime en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, mais progresse à Mayotte et à La Réunion. Les niveaux atteints varient d’un territoire à l’autre. La Guyane affiche 2,18 euros, la Guadeloupe 2,09, la Martinique 2,08, Mayotte 2,00. En Martinique, la progression atteint 8,9 % ; à Mayotte, 7,5 %.

France

Rentrée : 11,6 millions d’élèves, 161 000 de moins qu’en 2025, et 1,7 million attendus en moins d’ici 2035

11 607 600 élèves ont fait leur rentrée le mardi 1er septembre. Le chiffre, arrondi à 11,6 millions dans le compte rendu du Conseil des ministres, marque un recul de 161 000 élèves en un an. La projection présentée au Conseil des ministres du 31 août va plus loin. Le ministère attend 1,7 million d’élèves de moins entre 2025 et 2035, soit environ 1,54 million de moins qu’à cette rentrée, sur dix ans.

Économie

Facturation électronique : l’obligation s’applique, et le ministre annonce aucune pénalité en 2026

Depuis le 1er septembre, toutes les entreprises assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée doivent être en capacité de recevoir des factures électroniques. L’obligation d’en émettre, elle, ne concerne pour l’instant que les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire. Les petites et moyennes entreprises, les très petites entreprises et les micro-entrepreneurs disposent d’un an de plus, jusqu’au 1er septembre 2027. La facturation électronique couvre les échanges entre entreprises assujetties établies en France. Le e-reporting porte précisément sur ce qui en est exclu : les ventes aux particuliers, celles aux professionnels non assujettis et les opérations internationales, ainsi que les données de paiement.

Politique

Réseaux sociaux et mineurs : la loi votée par 279 voix contre 81, son article premier censuré

La loi du 24 août 2026 visant à protéger les mineurs des risques liés aux réseaux sociaux a été promulguée avec un article en moins. Le Conseil constitutionnel a censuré son article premier, qui interdisait l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, par sa décision du 14 août. Le motif tient en trois griefs. L’interdiction générale portait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication. Elle ne tenait compte ni de la situation propre du mineur, ni des risques particuliers de chaque service. Elle n’était assortie d’aucune garantie légale pour le droit au respect de la vie privée, dès lors qu’une vérification d’âge suppose de collecter des données d’identité.

Tous les articles chargés (13)
International4 min de lecture

L’Arménie déclare réexpédier vers la Russie 86 % de ce qu’elle importe, contre 18 % avant la guerre

La Russie a cessé de déclarer ses importations à la base de commerce des Nations unies en 2022. Elle en avait déclaré 293,5 milliards de dollars en 2021. Pour 2022, 2023 et 2024, la base ne contient aucune ligne russe.

Ses partenaires, eux, continuent de déclarer ce qu’ils lui expédient : 198,9 milliards en 2022, 217,9 en 2023, 204,0 en 2024. Le commerce n’a pas disparu, seule la moitié russe du relevé a disparu.

Une absence qui rend un contrôle impossible

Cette disparition a une conséquence technique. Le rapprochement des déclarations douanières, qui consiste à comparer ce qu’un pays dit recevoir à ce que le monde dit lui envoyer, suppose deux déclarations. Avec une seule, la soustraction ne veut plus rien dire.

Aucun contrôle de cohérence ne peut donc porter sur les importations russes depuis 2022. Les chiffres publiés pour ces années, y compris par les organismes qui suivent ce commerce de près, sont tous reconstruits depuis les déclarations des partenaires.

Le suivi de Bruegel repose sur 38 pays partenaires. Celui de l’institut de la Kyiv School of Economics couvre 97 à 98 % des importations russes, à partir des mêmes déclarations complétées par les douanes chinoises. Les douanes russes publient encore un total annuel, sans détail par pays ni par marchandise.

Importations de la Russie : deux sources, une seule qui répond

En milliards de dollars, d’après la base des Nations unies

AnnéeDéclaré par la RussieDéclaré par ses partenairesPays déclarants
2019247,2229,2148
2020231,7215,2144
2021293,5265,6145
2022aucune198,9141
2023aucune217,9132
2024aucune204,0120

Ce que les voisins déclarent, eux

Le côté russe du relevé manque, le côté voisin subsiste. Les pays qui expédient vers la Russie transmettent leurs propres chiffres à la base, année après année, et ces chiffres se rapportent à ce qu’ils importent eux-mêmes.

L’Arménie a déclaré expédier vers la Russie 794 millions de dollars en 2021, sur 4,4 milliards reçus du monde, soit 18,0 %. En 2024, elle en déclare 3,14 milliards sur 3,6 reçus, soit 86,1 %.

La progression est continue : 37,5 % en 2022, 64,5 % en 2023, 86,1 % en 2024. Le pays reçoit aujourd’hui moins qu’en 2022, et en réexpédie quatre fois plus.

L’Arménie, quatre années

18,0 %
de ce qu’elle reçoit repart vers la Russie en 2021
86,1 %
en 2024, sur 3,6 milliards de dollars reçus
×81,8
l’électronique expédiée vers la Russie, de 12 à 995 millions
×12,9
les machines, moteurs et réacteurs, de 15 à 197 millions
×5,1
les perles, pierres et métaux précieux, de 77 à 388 millions
3,14
milliards de dollars déclarés vers la Russie en 2024

Le détail par marchandise désigne trois postes. L’électronique et le matériel électrique passent de 12 à 995 millions de dollars, soit un facteur de 81,8. Les machines, moteurs et réacteurs passent de 15 à 197 millions. Les perles, pierres et métaux précieux de 77 à 388 millions.

Ces trois postes ont en commun d’être visés par les contrôles à l’exportation décidés en 2022 par l’Union européenne, les États-Unis et leurs partenaires. L’électronique couvre notamment les circuits intégrés et les composants radio, dont les analystes militaires suivent la trace dans les équipements récupérés sur le terrain.

Rapportées au produit intérieur brut arménien, les 3,14 milliards de dollars réexpédiés en 2024 représentent une masse considérable pour une économie de moins de trois millions d’habitants. Le pays a par ailleurs vu ses importations reculer de 6,4 milliards en 2022 à 3,6 en 2024 : le flux se concentre, il ne s’étend pas.

La part compte davantage que le montant

La Chine expédie vers la Russie bien plus que tout autre pays : 115,3 milliards de dollars en 2024, contre 67,2 en 2021. Mais elle en reçoit 1 852 du monde entier. La part de ses importations qui repart vers la Russie passe de 3,1 % à 6,2 %.

Le rapport entre ce qu’un pays reçoit et ce qu’il réexpédie vers une seule destination sépare deux situations que le montant seul confond : celle du fournisseur principal, dont la Chine est l’exemple, et celle du pays de transit, dont le volume absolu reste modeste. Une part de 6,2 % décrit un grand exportateur qui vend davantage ; une part de 86,1 % décrit autre chose.

Ce qui repart vers la Russie, en part des importations

Déclarations des pays expéditeurs eux-mêmes

Pays2021Dernière annéeReçu du monde
Arménie18,0 %86,1 % (2024)3,6 Md$
Ouzbékistan7,6 %11,6 % (2024)25,7 Md$
Chine3,1 %6,2 % (2024)1 852 Md$
Kirghizstan3,0 %3,3 % (2024)29,5 Md$
Émirats arabes unis0,6 %1,5 % (2023)299,6 Md$

Le Kirghizstan pose une question différente. La part qu’il réexpédie officiellement vers la Russie reste faible, autour de 3 %. Mais ses importations totales passent de 13,1 milliards de dollars en 2021 à 29,5 en 2024, soit un doublement en trois ans. Les chaussures qu’il déclare expédier vers la Russie passent de 6 à 173 millions, les machines de 2 à 165.

Les Émirats arabes unis suivent une pente comparable, à une autre échelle. Leur part passe de 0,6 % à 1,5 %, sur un volume d’importations qui approche les trois cents milliards. Rapportée aux quantités, cette fraction représente néanmoins un triplement des envois enregistrés vers Moscou entre 2021 et 2023, et l’électronique y compte pour plus de la moitié du surplus. L’année 2024 n’a pas encore été transmise.

Là où plus personne ne déclare

Certains trajets échappent pourtant aux deux relevés. Les Maldives ont reçu en 2022 des marchandises que leurs fournisseurs disent avoir expédiées pour 732 millions de dollars de plus que ce que l’archipel dit avoir reçu. L’électronique y est multipliée par 29,7 sur un an, l’aéronautique par 124.

Ce que les Maldives déclarent expédier vers la Russie la même année tient en un nombre : 48 853 dollars. Ni le départ ni l’arrivée n’étant enregistrés, aucun rapprochement ne peut dire où ces marchandises sont allées.

Ces chiffres ouvrent une question et n’en tranchent aucune. La réexportation est une activité légale, une union douanière déplace des flux, une route maritime se reporte, et un pays enclavé sert naturellement de porte à son voisin. Ces États déclarent leurs envois, et c’est parce qu’ils les déclarent qu’on peut les compter : les trajets qui comptent vraiment sont ceux que personne n’enregistre.

Ce qui se compte, en revanche, ne se discute pas : un pays qui réexpédiait un cinquième de ses importations vers un seul voisin en réexpédie aujourd’hui les six septièmes.

Sources
Presse et sources officielles
Bruegel · Russian foreign trade tracker(2026)
Kyiv School of Economics · Russian battlefield goods imports tracker(2024)
Banque de Russie · External sector statistics, trade in goods(2026)
Données
Polidata, corridors commerciaux vers la Russie, 2019-2024, relevé au 12 septembre 2026

À lire ensuite