Carburants outre-mer : le gazole bondit de 13 à 17 centimes et franchit deux euros dans quatre DROM
Le gazole atteint ou dépasse deux euros le litre au 1er septembre en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et à Mayotte. La Réunion reste en dessous, à 1,68 euro. Dans les cinq départements, la hausse s’échelonne de 13 à 17 centimes en un mois, tandis que le sans-plomb recule d’un centime en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, mais progresse à Mayotte et à La Réunion.
Les niveaux atteints varient d’un territoire à l’autre. La Guyane affiche 2,18 euros, la Guadeloupe 2,09, la Martinique 2,08, Mayotte 2,00. En Martinique, la progression atteint 8,9 % ; à Mayotte, 7,5 %.
Un arrêté préfectoral fixe le prix maximum chaque mois
Outre-mer, les prix des produits pétroliers sont administrés. Un arrêté préfectoral fixe chaque mois un prix maximum, applicable au premier jour du mois. Le mécanisme explique pourquoi la hausse survient d’un coup, à date fixe, là où le prix évolue en continu dans l’hexagone.
Il explique aussi la disponibilité des données. Chaque arrêté publie un barème détaillé, par produit et par territoire, ce qui produit une série mensuelle homogène et comparable entre cinq départements, sur des marchés qui n’ont ni les mêmes sources d’approvisionnement ni les mêmes coûts de transport.
Le prix maximum du litre au 1er septembre 2026
Arrêtés préfectoraux, prix à la pompe
| Territoire | Sans-plomb | Gazole | Variation du gazole |
|---|---|---|---|
| Guyane | 2,02 € | 2,18 € | +16 c |
| Guadeloupe | 1,92 € | 2,09 € | +16 c |
| Martinique | 1,90 € | 2,08 € | +17 c |
| Mayotte | 2,05 € | 2,00 € | +14 c |
| La Réunion | 1,83 € | 1,68 € | +13 c |
Le baril, l’étiage du Rhin et les raffineries russes
La préfecture de Guadeloupe invoque la progression des cours du pétrole brut, en hausse de 17 % sur un mois, et les difficultés d’approvisionnement en gazole sur les marchés européens. Le brut a atteint 91,18 dollars le baril en moyenne en août, soit une hausse de 46 % depuis décembre 2025.
Trois causes se conjuguent sur le seul gazole, selon les explications reprises par la presse guyanaise. L’étiage du Rhin perturbe le transport fluvial européen. Les frappes de drones sur les raffineries russes réduisent l’offre. L’Europe se reporte en conséquence sur les importations indiennes et américaines, à des conditions moins favorables.
Ces explications relèvent de l’analyse de marché reprise par les préfectures, non d’un constat administratif. Le seul élément opposable reste le barème publié par arrêté.
Sept euros de plus pour un plein à Mayotte
À Mayotte, un plein de cinquante litres coûte sept euros de plus en gazole qu’en août, et trois euros de plus en essence. Les six produits pétroliers réglementés y augmentent sans exception, y compris le gazole marin, en hausse de 9,5 %, et le pétrole lampant, en hausse de 6,4 %.
La bouteille de gaz de 12,5 kilogrammes suit le mouvement, avec quatre centimes de plus en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, et cinquante centimes de plus à Mayotte, où elle atteint 25,50 euros.
Le même montant en centimes ne pèse pas le même poids selon les territoires. Le revenu médian mahorais est le plus faible de France, et une hausse de 14 centimes par litre y pèse sur le budget des ménages bien plus lourdement qu’à La Réunion ou dans l’hexagone.
Le marché derrière l’arrêté
- 91,18 $
- le baril de brut en moyenne en août
- +17 %
- de hausse du brut sur un mois
- +46 %
- depuis décembre 2025
- +7 €
- pour un plein de cinquante litres à Mayotte
- 25,50 €
- la bouteille de gaz de 12,5 kg à Mayotte
Une chaîne qui va du détroit d’Ormuz à la pompe
Le prix affiché le 1er septembre à Kourou ou à Mamoudzou résulte d’une chaîne courte et documentée. Les tensions militaires dans le détroit d’Ormuz et les frappes sur les installations pétrolières font monter la cotation du brut. La cotation entre dans la formule de calcul du prix maximum. Le préfet signe l’arrêté. Le prix change à la pompe le premier du mois.
Cette chaîne rend l’outre-mer plus lisible que l’hexagone sur le plan statistique. Le prix y est une décision administrative datée, dont les composantes sont publiées, quand le prix hexagonal résulte d’arbitrages commerciaux station par station.
Cinq territoires, cinq marchés distincts
Les écarts entre départements ne se lisent pas seulement dans les prix affichés. La Réunion se distingue par un gazole nettement moins cher que son sans-plomb, à 1,68 euro contre 1,83. Mayotte présente la même configuration, avec un sans-plomb à 2,05 euros pour un gazole à 2,00. Le rapport ne s’inverse qu’en Guyane, en Guadeloupe et en Martinique.
À Mayotte, la hausse touche par ailleurs les six produits pétroliers réglementés sans exception, y compris ceux qui ne concernent pas l’automobile.
Ces écarts tiennent aux sources d’approvisionnement, aux coûts de fret, aux capacités de stockage et aux régimes fiscaux propres à chaque territoire. Les carburants échappent à la taxe sur la valeur ajoutée dans l’ensemble des départements d’outre-mer.
Le mécanisme du prix administré
- chaque moisLes cotations internationales des produits raffinés sont relevées sur une période de référence.
- fin de moisLe préfet applique la formule réglementaire et signe l’arrêté fixant le prix maximum.
- 1er du moisLe nouveau prix s’applique à la pompe dans tout le département.
- 1er octobre 2026Prochaine échéance de révision des barèmes.
Une telle série n’existe pas pour l’hexagone, où le prix résulte d’arbitrages commerciaux station par station et se mesure par relevés déclaratifs. La comparaison entre les deux régimes est un objet d’étude en soi.
La décomposition du prix administré est également publique : cotation du produit raffiné, fret, stockage, marges réglementées de chaque intermédiaire, fiscalité. Elle permet d’établir quelle part d’une hausse revient au marché mondial et quelle part revient aux coûts locaux encadrés.
Cette divergence sur un même produit, le même mois, illustre l’indépendance des cinq marchés.
La bouteille de gaz suit une logique distincte de celle des carburants routiers. Son prix dépend davantage des contrats d’approvisionnement de long terme que des cotations mensuelles, ce qui explique des variations plus lentes et plus faibles.
Les prix retenus pour La Réunion proviennent de l’arrêté préfectoral du département, distinct de ceux des Antilles et de la Guyane. Chaque préfecture publie le sien, ce qui explique que les hausses soient annoncées territoire par territoire et non par un communiqué national.
La bouteille de gaz de référence n’a pas le même format partout : douze kilogrammes et demi en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, douze kilogrammes à Mayotte. Les montants ne se comparent donc pas directement d’un territoire à l’autre.