Rentrée : 11,6 millions d’élèves, 161 000 de moins qu’en 2025, et 1,7 million attendus en moins d’ici 2035
11 607 600 élèves ont fait leur rentrée le mardi 1er septembre. Le chiffre, arrondi à 11,6 millions dans le compte rendu du Conseil des ministres, marque un recul de 161 000 élèves en un an.
La projection présentée au Conseil des ministres du 31 août va plus loin. Le ministère attend 1,7 million d’élèves de moins entre 2025 et 2035, soit environ 1,54 million de moins qu’à cette rentrée, sur dix ans.
Les personnels comptent près de 1,2 million de personnes, dont 851 500 enseignants des premier et second degrés. Le public en emploie 711 600, le privé sous contrat 139 900. S’y ajoutent 357 200 personnels administratifs, d’éducation et d’encadrement.
La rentrée 2026 en six mesures
- 11 607 600
- élèves de la maternelle à la terminale
- −161 000
- élèves en un an
- −1,7 million
- projetés d’ici 2035
- 851 500
- enseignants des premier et second degrés
- 711 600
- dans le public, 139 900 dans le privé sous contrat
- 357 200
- personnels administratifs, d’éducation et d’encadrement
Une démographie déjà écrite
La courbe des effectifs scolaires de 2035 est en grande partie déterminée. Un élève qui entrera au collège cette année-là est né en 2024, et le nombre de naissances de cette année est connu. La démographie scolaire se lit dans l’état civil avec dix ans d’avance.
Ce déterminisme explique la précision de la projection ministérielle. Il ne dit rien, en revanche, du nombre de classes ni du nombre de postes, qui relèvent de décisions budgétaires annuelles. Une baisse des effectifs peut se traduire par une amélioration du taux d’encadrement ou par une réduction proportionnelle des moyens.
Quatre priorités présentées en Conseil des ministres
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a présenté le 31 août quatre axes. Le premier, instruire, fixe un objectif de 2 500 mots acquis en fin de maternelle et prévoit la création de plus de 300 classes à horaires aménagés en mathématiques et en sciences.
Le deuxième, « protéger », prévoit un questionnaire sur les violences sexuelles dès novembre, l’interdiction du téléphone portable au lycée et la création de 300 emplois d’infirmiers, d’assistants sociaux et de psychologues.
Le troisième porte sur l’école inclusive, avec une hausse de 70 % du nombre d’accompagnants d’élèves en situation de handicap depuis 2017. Le quatrième vise l’adaptation au changement climatique pour 2 500 écoles identifiées comme vulnérables, et l’enseignement obligatoire de l’intelligence artificielle en seconde à partir de 2027.
Les quatre priorités annoncées
Conseil des ministres du 31 août 2026
| Axe | Mesure chiffrée |
|---|---|
| Instruire | 2 500 mots visés en fin de maternelle, 300 classes à horaires aménagés |
| Protéger | 300 emplois d’infirmiers, d’assistants sociaux et de psychologues |
| Unir | +70 % d’accompagnants d’élèves en situation de handicap depuis 2017 |
| Prévoir | 2 500 écoles vulnérables au changement climatique |
Une seule journée de séance sur l’école en deux ans
L’axe « protéger » renvoie à un texte déjà voté. Le 1er juin 2026, l’Assemblée nationale a tenu 50 scrutins publics sur la proposition de loi visant à protéger les enfants et à lutter contre les violences en milieu scolaire. Le vote sur l’ensemble a été acquis par 187 voix contre zéro, sans abstention.
Sur les 8 434 scrutins tenus depuis le 8 octobre 2024, 63 mentionnent l’école, le scolaire ou l’éducation dans leur intitulé. Ils se répartissent sur quatre journées de séance, dont celle du 1er juin 2026 qui en concentre à elle seule cinquante.
La participation y a été de 142 votants médians sur 577 sièges, et 21 des 50 scrutins de la journée se sont conclus par une adoption. Aucun des 187 votants ne s’est prononcé contre ce texte, qui protège les enfants dans l’enceinte scolaire.
Le téléphone, mesure applicable depuis la rentrée
L’interdiction du téléphone portable au lycée est la seule des annonces qui s’applique immédiatement. Elle découle de la loi du 24 août 2026 sur la protection des mineurs face aux réseaux sociaux, dont l’article premier a été censuré par le Conseil constitutionnel.
Les modalités relèvent du règlement intérieur de chaque établissement. L’interdiction couvre les cours, les récréations, les couloirs et la restauration, avec des dérogations pour les usages pédagogiques et les dispositifs médicaux connectés.
Une démographie scolaire déjà écrite
- rentrée 2025La population scolaire dépasse encore 11,76 millions d’élèves.
- 31 août 2026Le Conseil des ministres présente les quatre priorités et la projection à 2035.
- 1er septembre 202611 607 600 élèves font leur rentrée, 161 000 de moins qu’un an plus tôt.
- 2035Le ministère attend 1,7 million d’élèves de moins qu’en 2025.
Effectifs, classes et postes ne baissent pas au même rythme
Une baisse d’effectifs ne se traduit pas mécaniquement par une baisse de moyens. Trois grandeurs évoluent séparément : le nombre d’élèves, qui suit la démographie ; le nombre de classes, qui dépend des seuils d’ouverture et de fermeture ; et le nombre de postes, qui relève du plafond d’emplois voté en loi de finances.
Le rapport entre les trois détermine le taux d’encadrement, seule mesure qui dise si la contraction démographique profite aux élèves ou finance des économies. Une baisse de 161 000 élèves accompagnée d’une baisse proportionnelle de postes laisse le taux inchangé.
La répartition territoriale ajoute une difficulté. Une école rurale de trois classes ne perd pas de classe quand elle perd cinq élèves, alors qu’un grand collège urbain peut en fermer une pour le même nombre. La démographie nationale masque des situations opposées d’un département à l’autre.
Une contraction qui suit les naissances
Le nombre de naissances constitue la variable explicative de l’ensemble. Un enfant né une année donnée entre en maternelle trois ans plus tard, au cours préparatoire à six ans, en sixième à onze ans, en seconde à quinze ans. La courbe des effectifs reproduit celle des naissances avec ce décalage.
La projection de 1,7 million d’élèves en moins d’ici 2035 se lit donc dans l’état civil déjà enregistré. Les cohortes qui seront au collège et au lycée en 2035 sont déjà nées ; seules les entrées en maternelle restent à estimer.
La part du privé sous contrat dans les effectifs enseignants s’établit à 139 900 sur 851 500, soit environ un sur six. Cette proportion est stable depuis plusieurs années et ne suit pas mécaniquement les variations d’effectifs d’élèves.
Les 357 200 personnels administratifs, d’éducation et d’encadrement représentent un peu plus de quatre postes pour dix postes d’enseignants. Ce ratio détermine la capacité d’un établissement à absorber une réorganisation, indépendamment du nombre de professeurs devant les classes.