Sénatoriales : 178 sièges remis en jeu le 27 septembre, les candidatures s’ouvrent lundi
Les collèges électoraux sont convoqués le dimanche 27 septembre 2026 pour renouveler 178 des 348 sièges du Sénat. Le décret du 21 avril 2026 fixe la date et le périmètre du scrutin, et ouvre la réception des candidatures du lundi 7 septembre au vendredi 11 septembre à dix-huit heures.
Le Sénat se renouvelle par moitié tous les trois ans, en deux séries. La série 2, remise en jeu cette année, compte 178 sièges ; la série 1, renouvelée en 2023, en compte 170. Les sénateurs sont élus pour six ans.
Soixante-quatre circonscriptions, un scrutin à deux régimes
Soixante-quatre circonscriptions sont concernées : cinquante-huit départements métropolitains, la Guyane, la Polynésie française, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Wallis-et-Futuna, et la circonscription des Français établis hors de France. La circonscription sénatoriale est le département dans son entier, et non une subdivision de celui-ci.
Le mode de scrutin dépend du nombre de sièges à pourvoir. En dessous de trois, l’élection se fait au scrutin majoritaire à deux tours, les deux tours se tenant le même jour. À partir de trois sièges, elle se fait à la représentation proportionnelle, sur des listes composées alternativement d’un candidat de chaque sexe.
Le seuil a été abaissé au fil du temps. Fixé en 1958 aux départements élisant plus de cinq sénateurs, il est établi à trois depuis 2013, si bien que près de trois sénateurs sur quatre sont aujourd’hui élus à la proportionnelle.
Le scrutin du 27 septembre en six nombres
- 178
- sièges à pourvoir, sur les 348 du Sénat
- 64
- circonscriptions concernées
- 93 469
- grands électeurs appelés à voter
- 95 %
- du collège composé de maires et de délégués municipaux
- 100 €
- amende encourue par un grand électeur qui s’abstient sans motif
- 1er octobre
- entrée en fonction et élection du président du Sénat
Un corps électoral de 93 469 personnes, presque toutes municipales
Le collège appelé à voter compte 93 469 grands électeurs pour cette série, sur un total d’environ 172 600 pour l’ensemble du Sénat. Il réunit, dans chaque circonscription, les députés et sénateurs du département, les conseillers régionaux de la section départementale, les conseillers départementaux et les délégués des conseils municipaux.
Ces derniers représentent à eux seuls 95 % du corps électoral. Leur nombre dépend de la taille du conseil municipal et de la population de la commune : chacune des communes de France désigne au moins un délégué, et les plus peuplées en désignent d’autant plus. Ils ont été élus le 5 juin 2026, à la suite des municipales des 15 et 22 mars.
Le vote est obligatoire pour ces électeurs. S’abstenir sans motif légitime expose à une amende de cent euros, ce qui explique une participation proche de la totalité du collège, sans commune mesure avec un scrutin au suffrage direct.
Les groupes du Sénat sortant
Effectifs relevés le 5 septembre 2026, apparentés et rattachés compris
| Groupe | Sièges |
|---|---|
| Les Républicains | 131 |
| Socialiste, Écologiste et Républicain | 64 |
| Union Centriste | 59 |
| Les Indépendants | 20 |
| Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants | 19 |
| Communiste, Républicain, Citoyen, Écologiste, Kanaky | 18 |
| Rassemblement Démocratique et Social Européen | 17 |
| Écologiste, Solidarité et Territoires | 16 |
| Non-inscrits | 4 |
Ce que chaque groupe expose
La série 2 ne se répartit pas également entre les formations. Selon le décompte publié par le Sénat au 4 juin 2026, Les Républicains y exposent 77 de leurs sièges, soit 58,8 % de leur groupe et 43,3 % des sièges renouvelables. Le groupe socialiste en remet 31, l’Union Centriste une part comparable.
À l’autre extrémité, les groupes les moins présents dans cette série ne défendent qu’une poignée de sièges, et le scrutin ne peut donc pas les affecter beaucoup. Le renouvellement partiel produit cet effet mécanique : il concentre l’incertitude sur les formations les mieux implantées dans les départements de la série.
Ce décompte date du 4 juin et n’a pas été réactualisé depuis. Un changement de groupe intervenu en juillet en modifie déjà le détail d’une unité de part et d’autre.
Six ans, un département, un scrutin indirect
Trois traits séparent le mandat sénatorial du mandat de député. Sa durée est de six ans au lieu de cinq. Son ressort est le département entier, quand un député représente une circonscription qui n’en couvre qu’une fraction. Et son élection est indirecte : elle passe par des élus, non par les électeurs eux-mêmes.
Cette construction donne au calendrier municipal un poids déterminant. Les délégués qui forment l’essentiel du collège sortent des conseils élus au printemps : le scrutin de septembre traduit donc, avec quelques mois de décalage, l’état des équilibres municipaux.
Les Français établis hors de France élisent leurs sénateurs par un collège distinct, composé des députés et sénateurs représentant les Français de l’étranger et des conseillers élus au suffrage direct dans les circonscriptions consulaires. Ce collège se compte en centaines de personnes, non en dizaines de milliers.
Une installation réglée au jour près
Les sénateurs élus entrent en fonction le 1er octobre 2026. La séance publique s’ouvre à quinze heures par l’installation du bureau d’âge, puis par le scrutin secret pour l’élection du président du Sénat, qui a lieu après chaque renouvellement partiel.
Les jours suivants sont consacrés à la reconstitution des instances : dépôt des listes de groupes le 5 octobre, désignation des vice-présidents, questeurs et secrétaires le 6, constitution des bureaux des sept commissions permanentes le 7.
Les comptes de campagne devront être déposés auprès de la Commission nationale des comptes de campagne au plus tard le 4 décembre 2026, ses décisions étant publiées à partir d’avril 2027. Les contestations relèvent du Conseil constitutionnel.
Du conseil municipal au Palais du Luxembourg
- 15 et 22 mars 2026Élections municipales générales, qui renouvellent les conseils dont sortiront les délégués.
- 5 juin 2026Élection des délégués des conseils municipaux et de leurs suppléants.
- 7 au 11 septembre 2026Réception des déclarations de candidature pour le premier tour, jusqu’à dix-huit heures le dernier jour.
- 27 septembre 2026Scrutin. Là où il est majoritaire, le second tour se tient le même jour, les candidatures étant déposées avant quinze heures.
- 1er octobre 2026Entrée en fonction des élus, ouverture de la session ordinaire et élection du président du Sénat.
- 4 décembre 2026Date limite de dépôt des comptes de campagne.
La fonction de président du Sénat dépasse la direction des débats. Il assure l’intérim de la présidence de la République en cas de vacance, nomme trois des neuf membres du Conseil constitutionnel et peut saisir celui-ci d’une loi avant sa promulgation. Son élection, le 1er octobre, est donc le premier effet institutionnel du scrutin.
Le renouvellement ne redistribue pas non plus les rôles à parts égales entre les territoires. Les collèges les plus nombreux de cette série se comptent en milliers de grands électeurs, les plus petits en dizaines : un siège de collectivité d’outre-mer se gagne devant une assemblée d’électeurs sans commune mesure avec celle d’un département peuplé.
Le Sénat conserve ses attributions pendant toute l’opération. Contrairement à l’Assemblée nationale, il ne peut être dissous, et son renouvellement partiel n’interrompt ni la navette législative ni le contrôle du gouvernement : la continuité de la chambre haute est le principe même du renouvellement par moitié.