France

Mobilisation contre la vie chère en direct : heurts à Paris, Lyon, Marseille et Bordeaux

À Limoges, l’hôtel de ville est totalement détruit, selon ICI Limousin, citée au point de 20 h 42 du direct d’ICI : parti d’une aile, le feu a gagné la toiture et les étages en moins de deux heures, lors d’affrontements avec des policiers retranchés dans la mairie. Le campanile du bâtiment s’est effondré, selon une alerte de franceinfo. Le maire, Guillaume Guérin, a réagi depuis les locaux de la métropole : « C’est un monument qui brûle, mais pas la République », avant d’adresser ce message aux délinquants : « vous serez arrêtés », selon le point de 21 h 11 d’ICI. La ville va déposer plainte, précise le même direct. Sébastien Lecornu préside ce samedi soir à Beauvau une cellule interministérielle de crise, mise en place plus tôt dans la journée, pour faire le point sur les violences, a fait savoir Matignon, selon le point de 21 h 15 d’ICI ; le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, doivent notamment y siéger. À Saint-Étienne, une enquête a été confiée à l’IGPN après la blessure grave à la main d’un jeune de 17 ans, et la justice cherche les causes de la blessure, selon le point de 21 h 04 d’ICI, qui précise qu’on ignore encore la nature exacte de l’engin. À 21 h 35, aucun décompte national d’interpellations plus récent que celui d’environ 400 ne figurait dans les directs consultés, ni aucun chiffre national de gardes à vue.

Armée et conflits

Donald Trump exempte la Russie des sanctions du Graham Act, deux jours avant leur entrée en vigueur

« J’exempte l’application de telles sanctions, restrictions et droits de douane prévus dans le Graham Act », écrit Donald Trump dans le décret daté du 16 octobre, en invoquant « l’intérêt national des États-Unis », rapporte franceinfo. La Maison Blanche l’a mis en ligne peu après 20 h 30 à Washington, en pleine nuit en France. Le président s’appuie sur l’article 115 de la loi. Cette disposition lui permet de lever toute sanction ou tout droit de douane, à condition de certifier au Congrès que la dérogation sert l’intérêt national et d’en exposer les raisons dans un rapport. Le décret affirme que cette certification a été transmise. Les exemptions resteront en vigueur jusqu’à ce que le président ou le secrétaire d’État jugent nécessaire d’agir à nouveau.

France

Gilets jaunes, lycéens et chauffeurs de VTC doivent converger samedi contre la vie chère

À Paris, le cortège des lycéens et des étudiants doit partir à 14 heures de la place de la République pour rejoindre la place de la Nation par le boulevard Voltaire, selon une note de la préfecture de police citée par CNews. Le cortège de l’intersyndicale et des « gilets jaunes » doit relier la République à la place de Clichy par les boulevards Magenta et Barbès, rapporte franceinfo. Le préfet de police, Patrice Faure, a fixé ces deux itinéraires par arrêtés vendredi soir, après avoir interdit les parcours déclarés vers la Concorde et vers la Bastille. Il invoque des « risques sérieux de troubles à l’ordre public » et les violences commises lors des précédents rassemblements, notamment le 13 octobre.

Économie

La Tesla Roadster qui vole pourrait-elle rouler (et sauter) en Europe ? On a lu les règlements à ta place

La scène s’est jouée jeudi soir sur le site d’essais de SpaceX à McGregor, près de Waco. La Roadster a grimpé une rampe en demi-cercle jusqu’à se retrouver la tête en bas, s’en est détachée en vrille, puis a sauté par-dessus toute la gamme Tesla garée en contrebas, façon monster truck. Pour la propulser, des tuyères à gaz froid développées avec SpaceX, et des ventilateurs qui la plaquent au sol. Le patron de Tesla avait aussi prévenu : « Le succès n’est pas garanti. Mais si ça ne marche pas, nous sommes à une distance de sécurité. » La voiture, annoncée en novembre 2017 pour une livraison en 2020, est désormais promise pour 2027 ou 2028. Depuis neuf ans, la seule chose qui ait vraiment décollé, c’est la date de livraison.

International

À Bruxelles, Ursula von der Leyen exclut toute levée des sanctions contre la Russie

« Une chose est absolument claire : nous ne lèverons aucune sanction tant que la Russie n’aura pas arrêté la guerre », a déclaré Ursula von der Leyen vendredi matin, aux côtés de Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien était l’invité de la seconde journée du sommet des Vingt-Sept, consacrée à l’Ukraine, à la défense et aux migrations, après une première journée dominée par le budget pluriannuel de l’Union. « Vous pouvez compter sur nous », a assuré le président du Conseil européen, António Costa. Le moment n’est pas à alléger les sanctions mais à accroître le soutien à Kyiv et la pression sur Moscou, a-t-il plaidé, selon Euronews. La Commission prépare déjà un vingt-deuxième paquet de sanctions, a rappelé sa présidente.

Économie

L’Insee recense un record de créations d’entreprises en France en septembre

Les micro-entrepreneurs fournissent les deux tiers de ces créations, avec 78 880 immatriculations, contre 28 293 sociétés et 12 134 entreprises individuelles classiques, détaillent les Informations rapides publiées vendredi matin. Le précédent sommet, celui d’août, n’aura tenu qu’un mois. Sur un mois, la hausse ralentit pourtant nettement : 1,1 %, après 7,2 % en août, un chiffre que l’institut a révisé de 0,7 point à la hausse. Le niveau atteint n’en reste pas moins le plus élevé depuis janvier 2000, date à laquelle commence la série.

Armée et conflits

La Pologne fait décoller des chasseurs pendant une nouvelle vague de frappes russes sur l’Ukraine

Le gouverneur de Volhynie, Roman Romaniouk, a fait état sur Telegram de deux blessés et d’une entreprise à capitaux étrangers touchée, rapporte l’agence Reuters. Dans cette région frontalière de la Pologne, 370 000 habitants se sont retrouvés sans électricité. À Ouman, dans le centre du pays, un drone s’est abattu sur un immeuble d’habitation et y a déclenché un incendie. Cinq personnes ont été blessées, dont trois hospitalisées, a précisé le chef de l’administration militaire de la région de Tcherkassy, Ihor Taburets, cité par le Kyiv Post. Un homme coincé sous les décombres d’un bâtiment voisin a été dégagé par les secouristes.

Outre-mer

En Nouvelle-Calédonie, le FLNKS s’oppose au mémorandum européen sur le nickel

« Le nickel de la Kanaky Nouvelle-Calédonie ne se brade pas », a averti le FLNKS dans un communiqué publié vendredi, quatre jours avant la signature prévue d’un mémorandum entre l’Union européenne et la Nouvelle-Calédonie sur cette ressource. Le Front se dit fermement opposé au projet dans sa version actuelle, qu’il juge peu transparent et sans garantie pour l’intérêt du peuple kanak. Le Front de libération nationale kanak et socialiste exige le report de la signature, une évaluation du texte par un organisme indépendant et la suspension de tout projet de modification de la loi organique.

Économie

L’Assemblée rejette l’abaissement du plafond de l’abattement fiscal des retraités prévu par le budget 2027

Lors de la première séance de jeudi, l’Assemblée a adopté, malgré l’opposition du gouvernement, l’amendement de suppression du député Laurent Wauquiez et plusieurs amendements identiques. Le scrutin public a recueilli 116 voix pour et 30 contre, avec deux abstentions. Le détail du vote dessine un front quasi général. Les députés RN (50), LFI (25), socialistes (15), UDR (7), écologistes (6), Droite républicaine (5), Liot (4) et GDR (4) ont voté la suppression. Contre : 12 élus Ensemble pour la République, 9 Démocrates, 8 Horizons et un député Droite républicaine, Philippe Juvin.

International

Pour l’ONU, le risque d’un retour à la guerre à Gaza « n’a jamais été aussi élevé »

« Le risque d’un retour à la guerre n’a jamais été aussi élevé », a déclaré Ramiz Alakbarov par visioconférence depuis son bureau de Jérusalem, lors du débat public trimestriel du Conseil sur le Proche-Orient, selon ONU Info. Le cessez-le-feu, accepté le 8 octobre 2025 par Israël et le Hamas dans le cadre du plan américain, est entré en vigueur le 10 octobre. De retour d’une visite dans la bande de Gaza dimanche, le responsable onusien a décrit une trêve largement théorique. « Pour les Palestiniens vivant le long de la ligne jaune, le cessez-le-feu n’existe que de nom », a-t-il déclaré. Cette ligne est la frontière de fait imposée par Israël à l’intérieur de l’enclave pour séparer ses positions militaires du reste du territoire.

Économie

L’Insee relève à 3,1 % l’inflation de septembre, au plus haut depuis janvier 2024

La hausse des prix passe de 2,4 % en août à 3,1 % en septembre. L’inflation retrouve ainsi le niveau de janvier 2024, où elle atteignait déjà 3,1 %, et n’avait plus été aussi forte depuis. Par rapport à son estimation provisoire, l’Insee a relevé d’un dixième le glissement annuel, tandis que l’évolution sur un mois est confirmée. Sur un mois, les prix à la consommation ont en revanche reculé de 0,3 % en septembre, après une hausse de 0,7 % en août. L’institut explique ce repli par le reflux saisonnier des prix des services, en particulier de l’hébergement, en baisse de 15 %, et des transports, en recul de 9,8 %. Corrigés des variations saisonnières, les prix augmentent au contraire de 0,8 % sur un mois, après 0,2 % en août.

Armée et conflits

La marine ukrainienne affirme avoir détruit six bombardiers russes avec des missiles Neptune

Des détonations secondaires et un incendie ont été signalés sur l’aérodrome militaire de Borissoglebsk après la frappe, a indiqué jeudi la marine ukrainienne dans un message publié sur Facebook et relayé par l’agence Ukrinform. Selon la même source, les équipements techniques servant aux opérations aériennes ont eux aussi été détruits. L’information restait, précisait la marine, en cours de vérification. Le président Volodymyr Zelensky a livré sur X un bilan plus nuancé : quatre Su-34 auraient été détruits et deux autres touchés, par un missile Long Neptune. Ces appareils étaient selon lui chargés de bombes aériennes et prêts à de nouvelles attaques contre l’Ukraine. Le chef de l’État a aussi revendiqué des frappes sur un site de stockage et de lancement de drones dans la région d’Orel et sur une cible en mer Noire.

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International4 min de lecture

Donald Trump rejette l’appel des patrons de l’intelligence artificielle à ralentir ses progrès

Le premier refus est tombé dimanche, en Irlande. En déplacement à son golf de Doonbeg, Donald Trump a concédé devant la presse que « nous pouvons mettre des garde-fous, faire ceci ou cela ». Avant d’ajouter : « mais je pense qu’il y a beaucoup de forces négatives qui soulèvent ce sujet alors qu’elles ne le devraient pas », rapporte Al Jazeera.

Lundi, le ton s’est durci. À 9 h 58, heure de Washington, soit 15 h 58 à Paris, le président a dénoncé sur Truth Social une « conspiration malsaine contre l’IA et les centres de données, dont la Chine est la seule à se réjouir ». Dans la version originale, le mot « SICK » figure en capitales : « a SICK conspiracy going on against AI and Data Centers, and the only one that is happy about it is China ».

Deux autres messages ont suivi dans la journée, portant à trois le nombre de publications présidentielles sur l’intelligence artificielle en moins de sept heures. « Ne tuez pas la poule aux œufs d’or ! » (« Don’t kill the Golden Goose ! »), a écrit Donald Trump à 11 h 23. À 16 h 30, il a comparé les alertes sur l’intelligence artificielle à celles qui annonçaient, selon lui, la destruction du monde par le changement climatique.

Les gens qui disent que l’IA va détruire le monde, et que les centres de données sont mauvais pour votre quartier, sont les mêmes qui disaient, il y a peu, que le monde serait anéanti par le changement climatique. Ce canular ne leur a jamais réussi.
Donald Trump, président des États-Unis, message Truth Social, 14 septembre 2026, 16 h 30 (heure de Washington)

« Dario is right »

L’appel que Donald Trump balaie venait pourtant du cœur de l’industrie qu’il défend. Samedi 12 septembre, le directeur général d’Anthropic, Dario Amodei, a publié un essai intitulé « We Must Pace the Frontier ». Il y plaide pour ralentir la course aux modèles les plus puissants, au nom, dit-il, d’un devoir envers l’humanité.

Il faut ralentir le rythme auquel nous améliorons les capacités des modèles d’IA. Le progrès continuera de sembler rapide, et nous devons faire un usage avisé du temps ainsi gagné.
Dario Amodei, directeur général d’Anthropic, essai « We Must Pace the Frontier », 12 septembre 2026

Le patron d’OpenAI, Sam Altman, s’est rallié le jour même à ce mot d’ordre, « pace the frontier ». Il s’est engagé à donner à des évaluateurs indépendants un accès comparable à celui d’un salarié de l’entreprise et à renoncer à toute entrée en Bourse en 2026. Elon Musk, dont la société xAI est elle aussi visée par l’appel, a résumé son accord en trois mots publiés sur X : « Dario is right ».

Une « conspiration » sans preuve

Dans le refus présidentiel, deux registres se mêlent. Le rejet des garde-fous et l’argument de la rivalité avec la Chine relèvent d’une position politique assumée, exprimée publiquement à deux reprises. La « conspiration » dénoncée lundi, elle, n’est étayée par aucun élément produit par la présidence.

Dans son message du 14 septembre, Donald Trump ne désigne ni acteur ni mécanisme précis. Tout juste met-il en cause, de manière indirecte, Dario Amodei, décrit comme un personnage se donnant des airs de « parfait petit ange » après avoir, selon le président, bénéficié d’une mansuétude de son administration.

David Sacks doute de l’altruisme des laboratoires

David Sacks, coprésident du conseil présidentiel pour la science et la technologie et ancien conseiller de la Maison-Blanche pour l’intelligence artificielle, s’en est pris aux trois laboratoires, auxquels il prête des calculs intéressés plutôt qu’altruistes. « Arrêtez de prétendre que vous avez besoin de la permission de quelqu’un d’autre », leur a-t-il lancé sur X, selon des propos rapportés par le site Reason.

« Arrêtez de prétendre que la motivation de ralentir est purement altruiste. Vous êtes exposés à un risque massif de responsabilité produit si vos systèmes permettent une cyberattaque réellement dommageable », a ajouté David Sacks.

Le speaker de la Chambre, le républicain Mike Johnson, a pris acte de la nécessité de « quelques garde-fous, quelques mesures de sécurité » pour éviter un emballement de l’IA, rapporte RTE. Mais, comme Donald Trump, il refuse que les États-Unis perdent leur avance sur la Chine.

À la Chambre des représentants, un texte bipartisan suit son propre chemin, indépendamment de cet épisode. Le démocrate Josh Gottheimer et le républicain Mike Lawler ont déposé le 9 septembre le Stop Rogue AI Act. Le texte doit garantir aux agences fédérales les moyens de repérer et d’arrêter, sur les réseaux publics et privés, des agents d’IA échappant à tout contrôle humain.

Qui régule quoi, aux États-Unis

11 décembre 2025
décret fixant un cadre fédéral pour l’IA et créant, au ministère de la justice, un groupe de travail contre les lois d’États jugées trop contraignantes
9 septembre 2026
dépôt à la Chambre des représentants du Stop Rogue AI Act, sur le maintien d’un contrôle humain des agents d’IA
12 au 14 septembre 2026
Dario Amodei appelle à ralentir l’IA, Donald Trump rejette cet appel

De l’appel au rejet, en trois jours

  1. 12 septembre 2026Dario Amodei publie l’essai « We Must Pace the Frontier » et appelle les laboratoires d’intelligence artificielle à ralentir leurs progrès ; Sam Altman et Elon Musk s’y rallient le jour même.
  2. 13 septembre 2026Le quotidien officiel chinois Global Times qualifie cet appel de tentative déguisée de « contenir » la Chine ; à Doonbeg, en Irlande, Donald Trump évoque devant la presse de premières réserves.
  3. 14 septembre 2026Donald Trump publie trois messages sur Truth Social rejetant l’appel ; le directeur du Conseil économique national, Kevin Hassett, annonce des réunions gouvernementales dans la semaine.

Un décret contre les lois des États

Derrière la formule présidentielle sur les « garde-fous », l’enjeu est aussi institutionnel. Depuis l’élection de Donald Trump, la régulation de l’intelligence artificielle aux États-Unis se joue autant entre l’exécutif fédéral et les États qu’entre l’administration et les entreprises.

Le décret du 11 décembre 2025 s’intitule « Ensuring a National Policy Framework for Artificial Intelligence ». Il charge le ministère de la justice de créer, dans les trente jours, un groupe de travail pour contester devant les tribunaux les lois d’États jugées trop contraignantes pour les entreprises d’IA. Le texte invoque la compétence fédérale sur le commerce interétatique, mais exempte certaines matières, dont la protection des enfants et l’implantation des centres de données.

L’exécutif cherche ainsi à limiter la portée des législations locales plutôt qu’à en ajouter de nouvelles au niveau fédéral. Dans ce cadre, toute contrainte réglementaire nouvelle en réponse à l’appel d’Anthropic, d’OpenAI et de xAI paraît improbable à ce stade.

L’épisode révèle un paradoxe rare dans l’industrie technologique américaine : l’appel à la prudence est venu des laboratoires eux-mêmes, en tête de la course qu’ils disent vouloir freiner, et non de leurs opposants habituels. Aucune initiative législative fédérale sur le rythme de développement des modèles n’est à ce jour annoncée à la Maison-Blanche. Le directeur du Conseil économique national, Kevin Hassett, a toutefois annoncé des réunions gouvernementales dans la semaine.

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